La chanson de la semaine

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samedi 20 novembre 2010

Superball

Que les Smith Westerns soient géniaux, on le savait déjà. Mais ce que j'ignorais, c'est qu'un groupe ami développait dans son coin, à Memphis, les mêmes talents pour la mélodie sucrée et twee. Le bordel sonique en moins. A mi-chemin entre Girls (pour la voix) et les Smith Westerns, voici donc Magic Kids, dont le premier LP est sorti en août pour clore l'été en beauté.
Malgré le single terrible qui l'avait précédé (Hey Boy), il semblerait que le groupe ait fait des bulles dans les médias. Un petit flop mis sur le compte d'un album soi-disant inégal et trop écœurant. Il faut dire que question "candy", ils n'ont pas lésiné. Beach Boys des temps modernes, qui ne connaissent pas la mer, les Magic Kids ont fourré des violons et des arrangements partout, pour simuler, peut-être, une symphonie. Comme Brian Wilson, mais en plus régressifs, car eux reculent consciemment vers le passé (historique et physiologique - l'enfance). Pour autant, ces petits-bourgeois hédonistes, aussi stéréotypés qu'ils soient, sont loin d'être ringards. Superball, en deuxième face d'un split single avec les Smith Westerns m'a bluffé: il est encore possible, avec des moyens archi-rebattus, de susciter l'enthousiasme. Ces types volent tout mais donnent l'impression d'inventer. La construction virevoltante des chansons, en grand huit, y est sans doute pour quelque chose même si, là encore, Field Music a déjà fait ça avant. Mais l'album comporte des parties surprenantes, comme sur Hideout où j'ai l'impression d'entendre Paddy McAloon - une sorte d'aberration géographique qui dément l'univers étroit dans lequel on cherche à cloisonner le groupe. Ailleurs, on pense aussi à Summerteeth de Wilco, ce super disque ensoleillé que les jeunes générations (auxquelles j'appartiens) méprisent ou ignorent bêtement. Les Magic Kids, trop rapidement catalogués "plaisir frivole", ont en fait des réserves supplémentaires et une personnalité plus marquée qu'on ne pourrait le croire au premier abord. Mais vu l'excès de colorants, ils ne plairont certainement pas aux plus âgés.

Quant au Smith Westerns, avec qui ils partagent ce single, que dire de plus? Il faudra attendre 2011, je crois, pour le scander bien haut: il s'agit de l'un des plus grands groupes de rock en activité - et plus. Si ce manque d'imagination dans la propagande vous déplait, dîtes-moi ce que vous diriez, vous, d'un groupe dont le talent brut abrutit complètement votre sens de l'analyse?

dimanche 24 octobre 2010

Smith Westerns/Girls



Une petite vidéo circule sur le net, signée Ryan McGinley et présentée par le site Nowness. J'ignore tout à fait la raison d'être de ce petit film, qui a tout l'air d'un extrait de documentaire mais qui, en fait, se suffit à lui-même. Qu'est-ce que Nowness? Qui est Ryan McGinley? Pourquoi cet intérêt tout esthétique porté à deux groupes indés dont la notoriété croissante n'a pas dépassé le circuit indépendant? A en juger par la stylisation à outrance - mais exquise - Ryan McGinley cherche la fascination, il exploite le coté underground élégant et très efféminé des deux groupes, comme pour subjuguer monsieur-tout-le-monde, le décontenancer par un foisonnement éclatant de détails inédits (les vêtements de Christopher Owen, période art nouveau, la chaussure qui frotte l'arrière du genou - geste commun aux deux groupes) . Il se dégage de cette vidéo une homogénéité propre à faire croire en l'existence d'une sensibilité nouvelle, raffinée et clandestine, pour ne pas dire d'un mouvement. Mais le plus important n'est peut-être pas ce maniérisme très étudié: les Smith Westerns dévoilent, via cette vidéo, une nouvelle chanson, absolument subjuguante. Alors que leur premier disque crachotait un son d'avant-guerre, broyait sans scrupules les mélodies dans un hachoir, le groupe a entamé une mue impressionnante - on ne peut pas appeler cette métamorphose autrement, car les Smith Westerns semblent avoir gagné plusieurs années de maturité en l'espace de quelques mois. D'un garage-rock brutal et sémillant, ils passent à une sorte de glam atmosphérique, qui doit autant à Marc Bolan, leur icône, qu'à My Bloody Valentine. Peut-être que je ne m'y connais pas assez, mais je trouve le résultat inouï. En ce sens, l'objectif de la vidéo de McGinley est amplement atteint: à mon corps défendant, je me sens sidéré et admiratif devant cet ovni, cette brillance et cet éclat venus d'un autre monde. Il en ressort l'impression d'assister à la naissance d'un grand groupe. Cela se sentait déjà l'an passé, c'est désormais une certitude.

samedi 14 août 2010

Le retour du rock: naissance, vie et fin

2000

13 Tales of Urban Bohemia - The Dandy Warhols

Ce n'est pas mon album préféré de l'an 2000. Pj Harvey a sorti cette année-là un disque autrement plus marquant et foncièrement rock, porté par les singles "Good fortune" et "This is love". Mais elle est hors-sujet, tandis que les Dandy Warhols donnaient avec Get Off ou Bohemian Like You un avant-goût stonien de retour du rock à l'ancienne.



2001

Is This It? - The Strokes

Le choix s'opère sans hésiter. Pas absolument génial, ce disque s'écoute toujours fort bien aujourd'hui parce qu'il est resté chatoyant. Même si la production parait vieillie, même si la voix est faiblarde, Is This It propose des mélodies qui ont une couleur chaude, une rondeur agréable. Il y a une recette Strokes. Ecoutez American Girl de Tom Petty pour vous en convaincre.

2002

The Coral - The Coral

Le problème du rock est qu'il se consomme chaud ou pas du tout. Je n'ai jamais écouté les Libertines. On les découvre de suite ou on s'en contrefout éternellement. Moi, je m'en contrefous. Les Coral, en revanche, bien que découverts sur le tard, me sont indispensables. Je ne sors pas sans un morceau des Coral. Ils sont si brillants sur cet album, proposent tant de saveurs, d'inventions, de surprises, que j'en ai fait mes favoris, toutes époques confondues. Un album de dingue.



Turn On the Bright Lights
- Interpol

Les suiveurs de Joy Division m'ennuyaient déjà quand j'étais fan de Ian Curtis, alors pensez bien qu'après saturation... Pourtant, si je dois réécouter un disque de new-wave aujourd'hui, je prendrais plutôt le premier Interpol que Closer. Il y a dans ce disque une grandiloquence glacée qui me touche, une certaine tension dramatique.

2003

Elephant - The White Stripes

Incontestablement, une bouffée d'énergie brute, qu'à l'époque je rapprochais plus de Nirvana que d'un prétendu revival années 70. Elephant est le seul disque estampillé "retour du rock" que j'ai découvert à sa sortie, parce qu'il dépassait en 2003 tous les clivages et se payait un succès public mérité.



2004

Franz Ferdinand - Franz Ferdinand

En 2004, j'écoutais A Ghost Is Born de Wilco, pas les Franz Ferdinand. Tous les jours je passais, admiratif, "At least that's what you said" pour m'emporter sur le solo de guitare démentiel de Jeff Tweedy. Mais Wilco n'a rien à voir avec la grande affaire de la décennie. Parmi ceux qui ont connu le succès public et la rotation lourde sur les radios et Mtv, les FF furent certainement les meilleurs. Leur premier album est une sacré réussite de disco-rock, que seuls Gossip a égalé.

Funeral - Arcade Fire

Ce n'est plus tout à fait le sujet mais Arcade Fire n'aurait jamais vu le jour sans le retour du rock. Funeral, pour les mordus de musique alternative, est le Ok Computer chaleureux et fervent des années 2000. Pour libérer tant d'énergie et de fougue, il fallait bien qu'un revival électrique et énergique ait rallumé les guitares.

Bluerberry Boat - The Fiery Furnaces

En quelque sorte une aberration plaisante du retour du rock, qui a ramené avec lui des éléments de musique progressive. Blueberry Boat est un collage musical qui se veut arty et qui, dans cette optique, est un échec dont on perçoit vite la vanité. Dès qu'on a pris conscience que ce qui demeure bon avec cet album n'est pas son concept, mais les bribes de mélodies et de rythmes qui accrochent l'oreille, on se dit qu'il eût mieux valu sortir directement un album au format pop.

2005

Apologies to the Queen Mary - Wolf Parade

Même commentaire qu'avec Arcade Fire. Si Wolf Parade ne représente plus grand chose aujourd'hui, en 2005 il était un nom étincelant à graver dans le marbre abimé du rock le plus sauvage. Bruyant, mal produit, sale, presque inaudible et pourtant ravageur. L'usure l'a malheureusement gâté.




Pretty In Black - The Raveonettes

Cet album est un condensé de l'esprit post-moderne: références appuyées à des objets sixties ringardisant et mignons, clin d'œil au cinéma, modernité de la mise en son. L'association est efficace. L'album est un peu trop sucré, comme toujours avec les Raveonettes. C'est une conséquence de cette volonté d'imiter qui flirte avec le pastiche et interdit les émotions brutes.

2006

Avatar - Comets On Fire

Considéré un peu trop vite comme un chef-d'œuvre du rock progressif, Avatar est, dans ces endroits les moins inspirés, une chose assez disgracieuse. Mais quel feu! A l'image de la pochette, Avatar est un nuage de fumée incendiaire, un orage foudroyant, une tempête aux cimes des montagnes. Le genre de musique "paysagiste" qui fait croire aux forces terribles de la nature.

Whatever People Say I Am... - The Arctic Monkeys

Au début, je ne les aimais pas. Comme j'ai la haine facile, je les détestais même un peu pour un succès qui me semblait usurpé. Comment avec des rythmiques si lourdes, de type 'marteau-piqueur' et avec un son de guitare si gras, les Arctic Monkeys pouvaient-ils séduire les foules? Je ne voyais qu'une raison à cela: les jeunes se reconnaissaient dans ce qui me semblait être des zonards boutonneux mangeurs de pizzas. Mais "When the sun goes down" me rendait fébrile dans mon jugement. Je trouvais ce morceau si puissant, si habilement construit! Depuis que j'écoute les Last Shadow Puppets, l'autre groupe d'Alex Turner, j'ai décidé de donner une énième chance aux Arctic Monkeys. Qui n'a pas fait comme moi d'ailleurs?

Standing In The Way Of Control - Gossip

Après les FF, voici Gossip. Les deux groupes ont signé la renaissance du disco avant Mgmt, mais que les vieux punk se rassurent: on ne prétend pas encore les achever et ils pourront continuer à vivre sous assistance respiratoire un certain temps puisque, tout en étant disco, Gossip n'en est pas moins un authentique groupe de rock, décomplexé, puissant et rythmique.

Passover - The Black Angels

Une bombe de rock psychédélique sous influence Doors+Joy Division. Un troisième album est à paraître. Il m'est toujours difficile d'avouer que je les aime, car le chanteur est horriblement théâtral dans son interprétation de Jim Morrison, qui lui-même n'était pas un modèle de finesse... Les Black Angels sont si sombres qu'ils en deviennent vite caricaturaux, mais les guitares ont un effet 'rouleau compresseur' qui écrase l'auditeur et provoque sa virilité.

2007

Myths of the near future - Klaxons

Le retour du rock s'achève ici mais la décennie continue et pendant qu'une génération ayant biberonné les Libertines cultive l'élitisme bourgeois et déliquescent d'une vénération pour les années 50, se pâme devant des œuvrettes minuscules et dépassées, vire de plus en plus réac', l'âge aidant, et ne jure plus que par le rétro-chic, autrement dit, pendant qu'elle se dirige droit vers le cul-de-sac du passéisme, des très jeunes, habillés de couleurs fluos, développent une micro-mode assez ridicule mais rafraichissante et surtout moins péremptoire que le ton pris par les vieux rockeurs pontifiants. Le rock est mort, la preuve par son érudition de plus en plus asphyxiante, signal toujours critique qui me fait dire que, plus tôt il sera enterré, meilleur ce sera pour lui. Les Klaxons sont tape-à-l'œil, mais au moins ils essaient quelque chose.

In The Future - Black Mountain

Le retour du rock ne fut pas qu'une déclaration d'intentions à l'usage des dandys et des 'gens de goût'. Ceux qui ne se préoccupent pas des codes vestimentaires ont pu, eux aussi, profiter des guitares électriques à leur manière, par une conjecture relativement favorable à une forme nouvelle de prog-rock. Black Mountain est resté très en retrait par rapport au succès formidable du romantisme urbain et arrogant incarné par le rock des années 00, mais In The Future est parfait pour les inconditionnels de Pink Floyd et pour les jeunes qui n'ont que faire de la désinvolture et de la "classe". In The Future, en effet, est souvent pompeux, parfois lourd, mais toujours tourné vers les étoiles, vers un fantasme d'épopée juvénile et cosmique.

2008

The Age Of The Understatement - The Last Shadow Puppets

C'est, puisqu'on en parle, un disque assez rétro. La pochette en avertit l'auditeur. Il n'empêche que c'est une réussite de maître. En quelques titres (Standing next to me, The chamber, My mistakes were made for you...), le groupe écrit la suite du premier album des Coral. Inespéré! Il est devenu fréquent d'inviter cet album dans les tops de la décennie. Certains en contreviennent. Eh bien! Qu'ils essaient de me trouver mieux!




Oracular Spectacular - Mgmt

Je crois que Mgmt, en 2008, a accompli le travail de sape entamé par les Klaxons un an plus tôt. Le paysage musical n'est plus le même; les guitares sont encore là mais leur usage a été détourné; les synthés sont revenus. Les authentiques fans de rock n'ont donc pas fini d'enrager. Personnellement, j'aime assez ce disque, même s'il est un peu trop brouillon et que les écoutes l'usent vite. Ce qu'il représente, en revanche, continue à me plaire car j'y vois un renouvellement. Sans doute n'est-il pas du meilleur goût, mais l'atmosphère devenait irrespirable à force de rock à frange. De la place pour les autres! avait-on envie de crier. Voilà, c'est fait.

Midnight Boom - The Kills

Un peu à part dans son sous-genre, The Kills est un groupe de rock légèrement teinté d'électro qui a fait profession de foi de la félinité et de l'érotisme sur-joué de VV. Pas toujours convaincants, ils méritent quand même une ligne dans cet espace consacré aux années 2000. Ce disque, en particulier, porte un peu plus loin que les autres leur esthétique.




2009

Album - Girls

Etrange année que cette année 2009, où tous les horizons d'un coup se déploient, avec la dream-pop neigeuse des Xx, le rock de stade à la Big Pink, les zigouigouis inaudibles que fait Micachu en triturant une guitare désaccordée, la pop doucereuse et parfois crève-cœur de Camera Obscura... Sans compter une sorte de micro-scène électro naissante en Californie, où les vaguelettes vous lèchent les pieds dans un été éternel... La Californie renferme trois des meilleurs albums de 2009. Le premier, le summum, est l'album des Mantles, mais comme il est inconnu je vous en fais grâce dans cette rétrospective et vous invite à lire mes articles sur le sujet; le deuxième est celui de Girls, Album, qui reprend le chemin des années 90, interrompu par dix ans de réaction rock. Il participe toutefois du même phénomène que les Strokes ou les Libertines, puisqu'il appert que Christopher Owen ne serait pas contre devenir un nouveau Pete Doherty. Il exagère un peu avec son timbre bêlant, mais on n'a pas résisté, ni vous ni moi, je crois, à Hellhole Ratrace et son petit air de 1979 des Smashing Pumpkins.




200 Million Thousand - The Black Lips

Et voici le troisième meilleur album de 2009. Du garage-rock, brut de décoffrage à un point où on ne le croyait même pas permis. C'est hirsute, ça beugle, ça râle, ça agonise dans la joie et la fureur, ça hurle et c'est tellement débraillé qu'on pourrait croire que les Black Lips n'en ont plus rien à faire de rien. Or, en général, quand on fait n'importe quoi, ça s'entend. Ce qui m'étonne donc, c'est qu'en ayant l'air de faire n'importe quoi, ils sortent un album réussi, efficace, dénué de faiblesses et jamais en rade de mélodies et de refrains qui tuent.

Smith Westerns - The Smith Westerns

On finit la décennie sur une touche de glam-rock. C'est à peu près la seule chose qu'on n'ait pas entendue en 10 ans de revival, ça tombe donc plutôt bien. Les Smith Westerns sont très jeunes et s'apprêtent en 2010 ou 2011 à sortir leur deuxième album qui, contrairement au premier, sera produit. Ils ont toutes les vertus du rock des années 2000, avec les défauts qui leur sont associés, selon le point de vue duquel on se place: jeunesse, désinvolture, voix de morveux arrogants, style défroqué et braillard... Un bon album en tout cas.

Evidemment, cette rétrospective omet un certain nombre d'excellents albums, parfois supérieurs à ceux proposés ici. Mais c'est à dessein que j'ai écarté Tv On The Radio, Beach House ou les Xx, pour ne citer que quelques absents. Ils n'avaient pas leur place dans cette rétrospective particulière, puisqu'ils appartiennent à d'autres familles musicales. De plus, dans mon souci de ne retenir que les albums qui m'ont personnellement marqué ou simplement plu, j'ai traité à la légère des groupes comme Art Brut, Kasabian, les Rakes ou les Futureheads. Je laisse le soin aux amateurs d'en parler mieux que moi. Il se trouve que ce n'est pas, de loin, ma tasse de thé.

vendredi 5 février 2010

Top des chansons 2009 BIS


Quelle connerie les tops! Je m'étais dit que j'en ferais pas, mais j'en ai fait un, parce que ça ne servait à rien de se dire le contraire quand tant d'autres montrent l'exemple. J'espérais faire découvrir à la face du monde quelques morceaux formidables - et beaucoup le sont, oui, the Dutchess and the Duke, c'est très bon, Heartless Bastards a sorti un grand morceau, un magnifique morceau, que j'ai d'ailleurs placé en pole position, juste devant Shampoo d'Elvis Perkins, assurément le titre qui a le plus tourné dans l'i-pod. J'avais cité, à raison, une chanson très énergique des Felice Brothers. Enfin, c'est du passé, je vous renvoie au top...

Maintenant j'explique pourquoi les tops sont nazes: soit vous écoutez toutes les sorties au fil de l'année, mais au final vous n'avez rien digéré, voire rien aimer vraiment (parce que les journées sont trop courtes pour découvrir chaque jour un disque et dans le même temps vous repaître de ceux déjà parus). C'est la course à la nouveauté à laquelle s'adonnent certains et en général, on ne sait plus - et ils ne savent plus non plus - ce qu'ils ont aimé.
Deuxième hypothèse: vous faîtes comme moi, une trentaine de disques dans l'année à tout casser, et encore pas vraiment. Vous vous aiguillez au feeling, mais du coup à la fin de l'année vous ne savez pas encore que vos morceaux préférés vous les découvrirez l'an prochain. Je pensais vraiment qu'avec Girls et Kurt Vile découvert au dernier moment, ça n'allait pas arriver. Et c'est vrai que ces deux-là, ils ne risquent pas de se faire éclipser - d'ailleurs ils retournent dans le top (c'est de la triche, mais pas moyen de les ignorer, alors j'ai pris une autre chanson). Pour le reste, une fois encore je me rends compte que mon top était moyen, non parce qu'il comportait des chansons que je récuse, loin de là, mais parce qu'il manquait certaines parmi les meilleures, les plus touchantes ou les plus exaltantes. Par exemple, j'aime bien la chanson de Joe Henry mais face à Cass McCombs, il n'aurait pas fait le poids. J'aime beaucoup la chanson de God Help the Girls, mais Camera Obscura a fait mieux encore. Et si les Cave Singers me semblent attachants, j'aurais pu les remplacer par Pains Of Being Pure At Heart.

Alors voilà, les deux tops vont cohabiter. Le premier, c'est le top 2009 en 2009, le second c'est le top 2009 début 2010. Entre les deux, pas de retournement de veston, mais une valeur ajoutée, qui surpasse parfois la première (mais pas toujours quand même). Dans le cas où des artistes se retrouvent dans les deux tops c'est à cause de la convergence des styles.

10 - Future primitive (Papercuts)
9 - Can't get over you (Vivian Girls)
8 - Young adult friction (Pains of Being Pure at Heart)
7 - Tonight (Smith Westerns)
6 - James (Camera Obscura)
5 - Morning Light (Girls)
4 - Short fuze (the Black Lips)
3 - Dream-come-true girl (Cass McCombs)
2 -
Monkey (Richard Hell covered by Kurt Vile)
1 - Don't Lie (the Mantles)

Je souhaite tout de même rappeler à votre bon souvenir le premier top, dans la mesure où certains titres restent incontournables: 15 - suite on a frame (Joe Henry) ; 14 - Leap (the Cave Singers) ; 13 - Ain't nothing like you (Blakroc) ; 12 - Run chicken run (the Felice Brothers) ; 11 - Andrew (Crystal Antlers) ; 10 - Tell my mom I miss her so (Ryan Bingham) ; 9 - Mr Mudd and Mr Gold (Townes Van Zandt covered by Steve & Justin Townes Earle) ; 8 - Hunchback (Kurt Vile) ; 7 - Hands (the Dutchess and the Duke) ; 6 - Perfection as a hipster (God Help the Girl) ; 5 - It ain't gonna save me (Jay Reatard) ; 4 - Standing between the lovers of Hell ; 3 - Laura (Girls) ; 2 - Shampoo (Elvis Perkins) ; 1 - The mountain (Heartless Bastards)


jeudi 28 janvier 2010

Right Now


J'ai parlé des Smith Westerns, mais pas assez. Leur premier disque est sorti en 2009 (celui avec la pochette de Nevermind à l'envers). A première écoute ils semblaient juste bordélique, comme Wavves. Mais au-delà du plaisir pris à sentir vrombir les guitares, il y a surtout des mélodies d'enfer. Pas très originaux, les Smith Westerns empruntent beaucoup, à T-Rex par exemple. Mais dans leur cas, l'énergie suffit à la fraîcheur. Trouvez le disque, pas disponible en France, car il en vaut la peine.

Elles, j'aurais dû vous en parler. Ce sont les Vivian Girls. Ce nom m'était inconnu jusqu'à ce qu'une visite du myspace de Girls me mène droit à leur page. Elles sont brouillonnes, mais leurs mélodies sont attachantes et le son noisy emprunte parfois sa couleur au shoegaze. On tient donc un étrange groupe punk-rock, classique dans les mélodies, mais moderne pour la mise en son. Leur dernier album, en plus d'être très bon, est très bien présenté. Cela vaut la peine de se le procurer en vinyle. Un coup de cœur auquel leur simplicité ne me prédisposait pourtant pas.




Ceux-là sont très rétros. On pourrait croire à un groupe de la cote ouest des sixties. Pour peu qu'on ne s'offusque pas de ce décalage temporel les Crystal Stilts devraient ravir tout amateur de chansons se donnant volontairement des atours underground (en tant que pose pour faire fuir les minets, comme Spacemen 3 le faisait très bien). Leur premier album est sorti en 2008 et il comporte quelques morceaux psyché noirâtres et noyés dans la réverb. Avec un enregistrement lo-fi, ils ne sont pas sans rappeler le Brian Jonestown Massacre des début.


Voici encore un groupe lo-fi dans le genre de Crystal Stilts, mais sans l'obscurité. Ce serait plutôt la face lumineuse, avec des chansons pop-rock accrocheuses, dans l'esprit San Franciscain qui en ce moment tape à la porte du monde de la musique. On espère que des oreilles sensibles sauront l'entendre. Excellent groupe, ces Mantles, dont le premier essai est sorti l'an passé.




Et pour terminer, Best Coast, encore un projet lo-fi, mais encore une fois un concentré de jolies mélodies cachées sous un punk-rock cradingue. L'esprit des Vivian Girls avec l'ambiance de la sunshine pop, quelque chose de Californien dans la culture et d'indie-rock dans la présentation. C'en est presque triste malgré l'énergie. Un premier album est prévu pour 2010. Personnellement, au vu de leurs magnifiques pochettes, je ne crois pas me contenter de myspace et youtube pour continuer d'écouter les premiers eps.

mardi 19 janvier 2010

Borderline

Voici la frange extrémiste du rock, la lisière entre l'audible et l'inaudible. ça se passe aux USA, c'est violent à souhait et pour trouver ça génial, je pense qu'il faut vraiment en avoir marre de la chanson pop, des mélodies lignes claires, des refrains et des arrangements soignés. Soit une négation de dix ans de chansons rock formatées qu'on peut néanmoins siffloter. Est-ce qu'on en a vraiment besoin, là, à l'instant? Un peu, mais faut pas exagérer. Dans le genre shoegaze (mot légèrement usurpé), je prends Pains Of Being Pure At Heart (si c'est bien du shoegaze, ce dont je doute) et je vous laisse le vacarme. Pourtant, il y a quelque chose d'assez fascinant dans les morceaux qui suivent, l'impression que les gars s'en foutent joliment, qu'ils sont borderline et adressent au monde un doigt d'honneur. Très punk dans le fond, donc pas pérenne sur le plan artistique mais sans doute historique. Gageons qu'ils auront leur quart d'heure warholien.

Times New Viking



Smith Westerns



Wavves



Après, si ça ne devient pas aussi universel que les Strokes, il ne faut pas s'étonner. C'est quand même bien défoulant, même si Wavves est largement surestimé. Les Smith Westerns sont les meilleurs.